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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 22:59
SOUVENIR D’UNE SCENE D’UN COUCHER DE SOLEIL INFINI EN SEINE Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Lorsque l’on regarde un coucher de soleil et que l’on prend sa plume
comme le peintre prend son pinceau pour capter l’instant présent et le
décrire, on est souvent frustré car cet instant que l’on voudrait d’éternité
est justement trop éphémère.
Alors j’ai voulu que les choses durent comme dans le grand nord dans
une harmonieuse lenteur de ces nuits blanches. Il en aura fallu des
soirées et des saisons pour décrire …
Imaginez-vous un peu comme lorsque le Petit Prince qui se déplace
sur sa planète pour s’offrir un autre coucher et encore un autre, encore,
encore…
Là, le déplacement n’est pas nécessaire, je vous l’offre…
Ici, on s’autorise la durée, l’éternité, la sérénité, la plénitude…

SOUVENIR D’UNE SCENE D’UN COUCHER DE SOLEIL INFINI EN
SEINE
mm03.jpg
Quelquefois, on voyait de grands rayons qui traversaient le ciel comme
des jets, d’autres fois comme des gerbes de lumière


Les nuages se dépliaient et se repliaient, se superposaient parfois
empressés, quelquefois plus lents et les déchirures prenaient les teintes
du moment.
Mon observation dépendait selon les vagues et le vent
Etonnamment légère comme une fuite ou luttant contre les éléments dans
une énergie forte donnée à chaque coup de pagaie, épousant la seine et
progressant en elle, j’avais l’impression de ne faire qu’un, d’être en elle.
Après le passage d’une péniche, quand le kayak montait sur une lame,
c’était sans secousse comme un doux haussement d’épaule et lorsque
l’on redescendait, on eût cru à une glissade. Inlassablement, ce rythme
participait à vous envelopper dans un songe, un voile, une fumée dans cet
univers liquide comme cet horizon perpétuellement changeant.
mm04.jpg
A l’instant, je vis une lueur frisante, un reflet trainant
Ce suroît avait été annonciateur d’une dépression et de merveilleuses
variations de couleurs.

Cette lumière pâle que l’on aurait souhaitée ancrée comme un éternel jour
trainait sur l’horizon comme des reflets de soleil qui dort
Sans violence pour les yeux et l’esprit mais particulièrement apaisant
Le ciel et la Seine se confondaient
On ne savait plus qui était le miroir de l’autre
Cette beauté sans horizon ni contours où l’œil a peine à saisir le fleuve
et son doux tremblement et scintillement où tout semble diaphane,
impalpable, chimérique.
Les nuages formaient des figures et des allégories qui forçaient la limite
de notre imagination
Dans le ciel, ça et là des déchirures comme des percées dans un dôme
offraient des rayons rosés et parfois renforcés par des orangers lors d’un
percement plus abondant.
Puis, lorsque rien ne bougeait plus dans l’air après une accalmie,
le contraste paraissait encore plus fort après ces agitations face à un vent
qui s’opposait à votre progression et vous la rendait plus lente

Alors on put dire de ce coucher de soleil qui dure, qui dure et qui ne finit
pas…

Regardant dans cette boule rougeoyante, je vis tant de rêveries
cristallines…
C’était comme si on eut rajouté des filtres à vos yeux pour rendre les
paysages plus paradisiaques
Je la perçus, là brumeuse virant au rose puis dans des moires
changeantes ;
sur l’eau, des cernes se dessinèrent très légers comme des dessins
vagues qui s’enlacent et se déforment très vite effacés, fugitifs
Eternel soir ou éternel matin, impossible je ne pus dire
Et de ce soleil dans un halo trouble, ce coucher de soleil dura, on eut
le temps de l’admirer, de s’y faire envouter, hypnotiser par ce possible
regard dans ses teintes atténuées, tendres ni ternes ni vives changeantes
évoluant en fonction de la lumière passante du rougeoiement au pourpre
diffus, à l’orangé évanescent, au rose tendre où encore au jaune pâle
ainsi que leurs mélanges formant les couleurs complémentaires. De ces
multiples teintes naquirent des tentures aux graphismes infinis par les
blancs, gris et terre de sienne mêlés et toujours dans une vision non
éphémère.
On eût pensé à des braises douces, non brûlantes.

Dans cette ambiance, on put osciller entre un rêve et une petite
somnolence
A un moment, l’eau tel un miroir vint luire des dessins bleus, verts comme
un marbre qui ici s’étendit et là forma comme un madrépore aquatique et
solaire tout à la fois.
Le paysage de Seine se dévoila, se dévoiler… Le terme prit ici toute sa
valeur lorsque le vent n’est plus mais qu’il a été, alors le ciel se dévoile, il
affale ses multiples voiles alors tout apparaît…comme une illusion…
C’est encore ce moment lorsque le soleil trempe son bord dans les eaux
et l’on pense, va t-il remonter lentement ?
Ce qui émut, ce fut la lenteur et de la nature et de ce coucher de soleil…
Le soleil apaisa de sa douce, très douce chaleur divine
Scrutant d’un regard profond et sensible dans cette évanescence
vaporeuse de tons pastels, légers comme l’air qui enveloppèrent,
développèrent en un apaisement contemplatif proche de la méditation.
Yoguiste sans posture, kayakiste songeur, c’est la nature toute entière
et ce tendre soleil qui offrit ses multiples tentures dorées, argentées,
lumineuses et enfiévrées, d’une douce fièvre, celle de l’échauffement des
sens en douce transe qui se balancent au rythme des vagues et courants

et qui sans vague à l’âme élevèrent comme suspendus, étendus, arrêtés
comme le temps.
Je vis aussi des bans de brume voyageant au ras des eaux puis le
tendre incendie de tout un monde comme une large bande de feu orangé
ici, là d’une trainée rose beige et ocre éclaircie d’une douce lumière
blanche comme ma feuille de papier que je tentai de noircir par de claires
pensées.

Oui, je le fis mais à cet instant, il fallait que je fusse juste contemplatif et
néanmoins concentré sur ce vécu, sur cette énorme émotion et je me
répétai :
-« Garde, garde ses instants, mémorise tous ces troubles répétés pour les
retranscrire sur une feuille blanche, blanche comme cette douce lumière
qui arrivait comme si des filtres de couleurs avaient été positionnés afin
de rendre le vif des éclairages plus pâles, plus magiques, plus irréels.
Belle lumière, par quel miracle, transcendée
Vous mourûtes ou feignîtes de mourir, où vous fûtes tombée

Puretés hyperboréennes, suaire dense, tons r oses peut-être d’aurore,
contours frangés, buées tendres, caresses solaires, élévation de brume,
lumière diffuse, dans cette petite fraicheur, il y eut pourtant comme un
alanguissement, était-ce l’effet de ses soirées lumineuses ou de ses
matins chantants, peut m’importa, j’admirai encore ces reflets de soleil,
grand miroir orangé et doré qui scintillait telle la voie lactée. Et encore et
encore, je vis les infinis crépusculaires, je crus un instant au vide incolore
des eaux et du ciel
Mais non, j’étais bien sur ce kayak divinisé d’où je vis un nimbe autour de
lui et moi en son centre je me fondais en lui pour recevoir ses visions et
tenter d’appliquer à ce vécu une verve poétique.

Alors je vis encore et encore ces nuées diffuses en teintes discrètes, ces
marbrures plus ou moins distinctes, une aquarelle molle comme tracée
par une main marine, je contemplai, oui je contemplai
C’est comme si l’on eut aperçu une vision éternelle qui s’illuminait par
transparence d’une Seine qui se fit très douce dans des bleu pâles,
des gris verts, des verts bruns et des noirs bleutés ou encore des bleus

cendres, et au dessus on m’offrit ces soleils obliques qui ne se couchent
jamais.
C’est comme- ci le soleil manquait de force pour monter, en fait qu’il fut
trop langoureux pour faire un effort, comme s’il offrait des nuits d’amour et
proposait de rester dans son lit d’horizon
Ce fut une promenade ronde tout en courbes douces autour de l’horizon
Où je me surpris confondre la lune et le soleil dans un égarement
Ce fut si long que je me crus à minuit
Ce fut comme un reste de crépuscule qui s’attarde sur l’horizon et qui ne
veut disparaître

Les eaux avaient de grandes ondulations lentes
Tout demeurait paisible
Comme un haut en esprit, Ô eaux, nous entrâmes dans ces aux delà
infinis…
Puis ce fut comme ci on éclairait par en dessous…

Alors est ce le vent qui irrita mes yeux, fusse t-il la fatigue, fusse t- elle
cette pudeur qui devant tant de beauté vous interdit de dire que vous
avez lâché prise…alors je ne vis plus la Seine mais la divinité Séquana et
j’entendis :

 Belle lumière, par quel miracle, nimbée
Vous mourûtes au bord, où vous fûtes tombée
Ô âmes pures, vous perçûtes ces mille beautés
Que vos larmes de joie ne vous soient point ôtées

Alors vos yeux se brouillèrent, une larme apparut, cette beauté
incommensurable, cette beauté qui vous transporta, vous emporta.


C’est d’un coucher de soleil comme celui-là que l’on souhaiterait qu’il dura
qu’il dure et qu’il ne finisse pas…qu’il finît non, qu’il ait finit, j’en doute,
qu’il êut fini jamais …

Michel M
Extrait «Voyage au pays de la Seine »

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Published by Mamieblue
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commentaires

TATOU64100 02/10/2014 15:36


Bonjour Mamieblue, Superbes photos et textes. Tu as fait fort pour cet article plein de poésie. Bravo.  Toutefois, la galère depuis ce matin pour lire et mettre un com avec toutes ces
publicités qui pourrissent nos blogs. J'attends pour continuer à voyager au pays de la Seine. Bonne fin d'après-midi. Amitiés sincères. TATOU

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